LIBÉRATION – 2008

LIBÉRATION – 2008

Premier monologue à l’humour cinglant du comédien Nasser Djemaï, teinté d’autobiographie.

Brillante « Etoile »

Un peu de lumière et quelques poignées de poudre blanche délimitant au sol l’espace de l’acteur. Il en faut à peine plus à Nasser Djemaï – impressionnant acteur qui signe avec Une étoile pour Noël un premier monologue à l’humour cinglant – pour faire advenir le théâtre et peupler la scène, par son seul corps, des fantômes de sa vie. Tel un Caubère algérien, il passe avec brio d’un personnage à l’autre dans une sorte de fondu enchaîné des accents, des niveaux de langue, des genres et des époques.

Personnages au milieu desquels celui de Nabil, double fictif de l’auteur, se dilue chaque fois un peu plus. Et c’est bien ce que raconte le texte, la perte identitaire et la violence perverse des bons samaritains de l’intégration. Fortement autobiographique, l’histoire raconte le parcours du petit Nabil, prêt à tout pour devenir Premier ministre selon les voeux de son père, travailleur immigré dans les mines de ciment, loin de son foyer. Modèle déboulonnant lui-même la statue du père : « Faut pas ti ressembles à moi« . Dès lors le gamin n’aura de cesse de se conformer au désir des autres jusqu’à changer de prénom, de religion et de famille. Avant que ses origines ne se rappellent cruellement à lui et le ramènent au chevet du père dont il répandra les cendres, comme cette poudre sur la scène du théâtre.

Maïa Bouteillet